Ibo – Ici et maintenant

Parce que c’est maintenant qu’il faut le dire.

Un homme pressé – Une série noire en 5 épisodes

Posted by Ibo sur 27 janvier 2012

Prologue

Un jour – il me semble que c’était durant l’hiver 2002 – j’ai vu un homme crier.
En silence.
Il avait d’abord pris le temps de chercher un arbre.
Magique assurément.
L’Arbre donc.
Avec un grand L et un grand A.
Il fallait qu’il y ait un trou.
Probablement magique lui aussi.
Il y colla alors ses lèvres.
Délicatement.
Un peu pudiquement.
Et il hurla.
De toutes ses forces.
Aucun son intelligible n’en sortit.
C’était son âme en peine qui cria pour lui.
Je vous l’assure, ce fut étourdissant.
Cette image me hante depuis.

Feuilles d'érable (Québec)

Feuilles d'érable (Québec)

Saison 1 Episode 1 – Le cri

Certains jours, j’ai envie de crier intérieurement.
Peut-être même hurler.
Comme cet homme là.
« Mais je n’ai pas d’arbre magique sous la main, moi, monsieur ! »

Saison 1 Episode 2 – La terreur

Certains jours, je suis pris de terreur.
Non pas d’avoir vu l’innommable, oh non.
Juste pris de terreur parce que je me vois intérieurement.
Une vue intérieure comme prise de l’extérieur.
« A part la méchante reine dans Blanche-Neige, qui ose vraiment se regarder dans un miroir ? »

Un étang près de Dieppe

Un étang près de Dieppe

Saison 1 Episode 3 – La peine

Certains jours, quelques nuages font assemblée.
Ils assombrissent d’abord ma pensée.
Puis il se met à pleuvoir.
Pleurer, devrais-je dire pour être plus précis.
« L’eau ! Ô miracle de la vie ! L’eau est enfin tombée ! »

Saison 1 Episode 4 – L’absolution

Certains jours, je rêve.
D’un monde meilleur.
Plus juste.
Plus beau.
Plus calme.
Un monde où je serais absous.
Ces jours-là, peut-être, n’aurais je plus peur de ma mort.
« Bon sang, mais arrête tes conneries. Tu es vivant ! Bien vivant ! Alors, maintenant, tu me ramasses tes cliques et tes claques, et tu vas enfin leur dire ! M’enfin, quoi ! Arrête de te faire manipuler ! T’es vivant, t’as tout pour être heureux, et surtout t’arrêtes de nous les briser ! Non mais !… C’est qui le chef ici, hein ? Fais en quelque chose de ta putain de vie sur Terre ? »

Statues dans la nef de l'Oratoire Saint Joseph (Montréal)

Statues dans la nef de l'Oratoire Saint Joseph (Montréal)

Saison 1 Episode 5 – Le paradis

Ha ha, on s’est bien foutu de ma gueule.
Si j’avais su qu’il ressemblait à ça, le paradis.
« Tu vois ? C’était finalement mieux sur Terre. »

Epilogue

Elle me l’avait bien dit que l’herbe n’est pas plus verte dans le pré d’à côté.
Elle me l’avait bien dit que je n’y voyais plus clair.
Elle me l’avait bien dit en prenant délicatement ma main dans la sienne.
Elle me l’avait bien dit.
Mais je n’ai pas voulu l’écouter.
Trop pressé de connaître la fin de ce long roman.

(…)

[soupir]

(…)

Bon bon bon… Et si je me changeais plutôt les idées (noires) avec un bon polar.
Vous auriez une suggestion ?
Une nouveauté à suggérer ?
Un auteur remarquable inconnu ?
Un vraiment très bon polar, hein.

[Les préférences actuelles d’Ibo : les Vargas, Mankell, O’Connelly, Jonquet et autres Benacquista]

Take care,

Ibo

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Québec #4 – La capitale de la Belle Province

Posted by Ibo sur 20 octobre 2011

[Important : Pensez à cliquer sur les images pour profiter des panoramas en grand format]
Tombe de Félix Leclerc (1914-1988), à Saint-Pierre-de-l'Île-d'Orléans

Tombe de Félix Leclerc (1914-1988), à Saint-Pierre-de-l'Île-d'Orléans

Prologue d’une magnifique balade de fin d’après midi sur l’île d’Orléans (vous comprendrez aisément à la lecture de ce billet que je vous conseille vivement cette escapade, pour celles et ceux qui visitent la ville de Québec) : en hommage à Félix Leclerc, immense personnage au Québec, la vidéo d’une de ses chansons les plus célèbres « Moi, Mes souliers » qui a inspiré ses nombreux fans qui viennent lui rendre hommage au cimetière de Saint-Pierre-de-l’Île-d’Orléans.

Ndlr: la chanson commence à 0:45…

La beauté et l’amitié partagent un point commun.
Elles se subliment avec le silence.
Je l’assène comme une fulgurance mais l’évidence s’impose, je trouve.

Parc de la Chute-Montmorency, près de la ville de Québec et face à l'Île d'Orléans

Parc de la Chute-Montmorency, près de la ville de Québec et face à l'Île d'Orléans

Pas n’importe quel silence, bien entendu.
Pas un silence pesant.
Pas un silence mortel.

Eglise de Saint Pierre, sur l'île d'Orléans - La plus ancienne église rurale du Québec (1720)

Eglise de Saint Pierre, sur l'île d'Orléans - La plus ancienne église rurale du Québec (1720)

Mais un silence qui apaise.
Un silence qui rend meilleur.
Un silence qui renvoie une image bienveillante de soi.

Une élégante demeure bourgeoise sur l'Île d'Orléans, face à Québec

Une élégante demeure bourgeoise sur l'Île d'Orléans, face à Québec

Un silence-ponctuation dont on use qu’avec ses (son ?) meilleur(s) ami(s).
Un silence – est-ce si paradoxal finalement ? – qui remplit parfois de bonheur.
Shakespeare ne dit-il pas lui même :

Silence is the perfectos herald of joy. I were but little happy if I could say how much.
in « Much Ado About Nothing », act II scene 1.
Rien n’exprime mieux la joie que le silence. Si j’ai pu dire combien grand était mon bonheur, c’est qu’il était petit.
in « Beaucoup de Bruit pour Rien », acte II scène 1.

Vue sur la ville de Québec, de la pointe de l'île d'Orléans

Vue sur la ville de Québec, de la pointe de l'île d'Orléans

Aussi vais-je m’empresser de m’imposer ce silence, quelques instants.
Et rapidement laisser la place à la beauté, et c’est déjà un euphémisme.
Laisser le soleil couchant envelopper la capitale de la Belle Province.
Et la parer de ses plus beaux habits de lumière.

Panorama de nuit sur la ville de Québec - Vue des plaines d'Abraham

Panorama de nuit sur la ville de Québec - Vue des plaines d'Abraham

Take care

Ibo

En complément, quelques liens utiles :

* Parc de la Chute-Montmorency

* Informations touristiques sur l’Île d’Orléans

* Les plaines d’Abraham, à Québec

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Québec #3 – Le poids des baleines, le choc des photos

Posted by Ibo sur 17 octobre 2011

[Article écrit spécialement pour l’ami SiLuis – merci de ta fidélité, amigo !]

Au nord de la ville de Québec, à l’entrée du fjord de Saguenay, se trouve le charmant village de Tadoussac, point de départ obligé pour l’observation des baleines (grosso modo de mai à octobre).

On embarque, vaguement inconscient de ce qui nous attend :

– le froid tout d’abord, particulièrement saisissant lorsqu’il est asséné par un vent violent au large

– la lumière ensuite, aveuglante dans un ciel azur et pur

– le tumulte de quelques vagues, notamment au niveau de l’entrée du fjord de Saguenay, lequel fait office de siphon entre l’océan et les eaux du fleuve Saint-Laurent

– enfin et surtout la beauté du blanc immaculé des baleines béluga.

On en voit plus d’une douzaine au long de notre croisière au large de Tadoussac, souvent en groupe. Quelques rorquals jeunes ont également apparu.

Voir des animaux d’une aussi grande taille dans leur milieu naturel a suscité auprès de tous une vive émotion.

Mieux qu’un magazine people : le poids des baleines, le choc des photos…

Take care,

Ibo

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Québec #2 – Couleurs d’automne

Posted by Ibo sur 14 octobre 2011

[Important : Pensez à cliquer sur les images pour profiter des panoramas en grand format]

Haiku d’automne

Une pulsion de mort
Feuille d’automne s’envole
Une pulsion de vie

Fjord de Saguenay, à la recherche de baleines

Fjord de Saguenay, à la recherche de baleines

L’automne trouve son origine – auctumnus – dans la même racine latine que le mot augeo.

Lequel signifie « augmenter » et a donné naissance à auctor en latin, puis « auteur » en français.

L’automne est la saison qui est augmentée, enrichie.

Au delà de la tristesse qu’évoquent parfois les feuilles mortes, la nature se prépare à grandir, à s’enrichir.

C’est une leçon de vie qu’elle donne.

Et non le spectacle triste de la mort imminente, comme je le redoutais.

Festival de couleurs chatoyantes.

Aux couleurs de la diversité culturelle de la belle province.

Souriez… c’est l’été indien.

Fjord de Saguenay, sur le traversier de Tadoussac

Fjord de Saguenay, sur le traversier de Tadoussac

Take care

Ibo

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Québec #1 – Périple ou Quête ?

Posted by Ibo sur 12 octobre 2011

Enfant, je regardais les nuages dans le ciel.
Comme beaucoup d’enfants, je les préférais blanc et corpulents.
Avec ces rondeurs qui leur donnent la douceur du coton.

Enfant, je regardais les nuages dans le ciel.
Et je m’amusais à voir des animaux voler dans le ciel azur.
A voir des rêves – d’enfant, forcément – bourgeonner là haut du fond de ma pupille.

Enfant, je regardais les nuages dans le ciel.
Et j’aimais – je crois – avoir des rêves.
« Avoir » sans oser un jour me dire que je pourrais les vivre.

Enfant, je m’allongeais sur l’herbe grasse et verte.
Le soleil du Midi cognait très fort.
Je transpirais et je rêvais d’être oiseau.

Enfant, je rêvais de liberté.
Je rêvais de pouvoir choisir ma vie.
Je rêvais surtout de fuir. De m’enfuir.

Vue aérienne de Montréal parsemé de touches de couleurs automnales

Vue aérienne de Montréal parsemé de touches de couleurs automnales

Adulte, j’ai peu à peu oublié ces rêves.
J’ai dû croire que je n’avais plus le droit d’y aspirer.
J’ai dû croire que grandir revenait à y renoncer.

Aujourd’hui, je m’envole dans les airs.
Au dessus de ces nuages que j’ai tant regardés enfant.
Entre France et Québec.

Ce billet est le premier de la série portant sur ce périple.
Alors que je viens d’entamer une quête.
Une quête sur une déchirure intérieure.

Que trouverais-je au bout ?

Take care

Ibo

ps : Durant une dizaine de jours, le temps de ce voyage, je publierai un billet tous les jours ou tous les deux jours maximum. Je vous invite donc à revenir pour découvrir avec moi (entre autres) la beauté de l’été indien au Québec.

En route entre Québec et Tadoussac

En route entre Québec et Tadoussac

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Grand angle #4 – « Es war einmal die Mauer » (*)

Posted by Ibo sur 31 août 2011

(*) Il était une fois, le mur.
[Ndlr: Cliquez sur chaque photo pour les voir en meilleure résolution, en particulier les panoramas]

Il était une fois un mur.
Le mur.
Celui-là même que je me suis construit, encore enfant.
Souvent, ces murs là tombent, s’effondrent avec l’âge
Avec le temps, avec la sagesse.
Souvent, ils s’effritent, s’écroulent.
Avec un peu de force et de courage.
De chance aussi.
Lorsqu’on les brusque un peu, ils chancèlent.
Lorsqu’on leur murmure avec douceur, ils fondent.
Souvent en pleurs.

Reste du Mur de Berlin, au niveau de la Bernauer Strasse

Reste du Mur de Berlin, au niveau de la Bernauer Strasse

Cinquante ans et un jour auparavant, nous étions le 13 août 1961.
Le Mur fut construit à Berlin.
Die Mauer.
Et mur, il vécut ce que vivent les murs, l’espace d’une vie.
Et disparut.
Après bien des tourments.
Des déchirures.

"East Side Gallery" - Reste du Mur de Berlin, à Friedrichshain, restauré en 2009

"East Side Gallery" - Reste du Mur de Berlin, à Friedrichshain, restauré en 2009

Cinquante ans et un jour après le 13 août 1961, nous marchions sur la Bernauer Straβe.
Nouveau lieu de mémoire dédié au Mur de Berlin [inauguration le 13 août 2011 du Gedenkstätte und Dokumentationszentrum Berliner Mauer]
A la mémoire des drames qui s’y sont noués
Laissant encore ouvertes ces blessures à l’âme qui peinent à guérir.

Mémorial du Mur de Berlin, Bernauer Strasse

Mémorial du Mur de Berlin, Bernauer Strasse

DM et moi étions à la recherche de traces.
Car Berlin a beaucoup effacé.
Berlin a peut-être voulu oublier.
Pour remplacer sa mémoire douloureuse.
Pour – vite – construire autre chose à la place du Mur.
Un pont peut-être ?
Une passerelle vers l’avenir, vers une rive plus douce de la Spree ?

Panorama de la Spree sur la gare principale de Berlin ("Berlin Hauptbahnhof"), inaugurée en 2006 après 11 ans de travaux

Panorama de la Spree sur la gare principale de Berlin ("Berlin Hauptbahnhof"), inaugurée en 2006 après 11 ans de travaux

DM et moi marchions sur la Bernauer Straβe, à la recherche de traces du Mur.
Nous scrutions.
Nous lisions.
Nous regardions.
Nous écoutions.
Peu à peu, ce mur, le Mur, nous apparaissait.
Devant nos yeux mais plus encore dans nos esprits.
Peu à peu, nous arrivions à le ressentir en nous.
Peu à peu, une vague intérieure se levait en moi.
Comme un mur.
J’ai dû interrompre une phrase de DM, m’invitant à continuer notre chemin le long du mémorial.
J’ai dû m’arrêter de marcher.
Mes jambes flageolantes ne me portaient plus.
Il se mit à pleuvoir.
J’ajustais ma casquette.
Je pris ma respiration.
Une fois.
Deux fois.
Et perdis mon souffle.
En lieu et place du Mur de Berlin, c’était mon mur que j’avais trouvé.
Celui là même que je me suis construit, encore enfant.

"East Side Gallery" - Reste du Mur de Berlin, à Friedrichshain, restauré en 2009

"East Side Gallery" - Reste du Mur de Berlin, à Friedrichshain, restauré en 2009

Ce mur, mon mur, je l’avais presque oublié.
Je croyais m’en être débarrassé il y a quelque temps.
Mais, comme on ne peut oublier d’où on vient, on ne peut oublier éternellement ses murs intérieurs.
Tôt ou tard, ils vous barrent la route.
Vous empêchent d’aller de l’avant.
De passer à autre chose.
De devenir adulte.
De choisir d’être heureux.
Pour de vrai.

"Wie geht es Euch ? GruB von Vati + Mutti + Omi" - Message adressé par dessus le Mur en 1961 par les proches ("Comment allez vous ? Bonjour de Papa + Maman + Mamie") - Mémorial du Mur de Berlin, Bernauer Strasse

"Wie geht es Euch ? GruB von Vati + Mutti + Omi" - Message adressé par dessus le Mur en 1961 par les proches ("Comment allez vous ? Bises de Papa + Maman + Mami") - Mémorial du Mur de Berlin, Bernauer Strasse

Mais mon mur à moi, lui, était – encore – là.
Le 14 août 2011, en le re-voyant, j’ai pleuré.
Comme je n’ai jamais pleuré auparavant.
Les larmes se mélangeant à la pluie torrentielle.
Ou l’inverse, je ne sais plus.
Lavant ma mémoire ou la ravivant, je ne sais plus non plus…

Take care, gib auf dich acht,

Ibo

Epilogue: Der Erlkönig, poème [sombre et] magnifique de Goethe (traduction ici)

Wer reitet so spät durch Nacht und Wind?
Es ist der Vater mit seinem Kind.
Er hat den Knaben wohl in dem Arm,
Er faßt ihn sicher, er hält ihn warm.
Mein Sohn, was birgst du so bang dein Gesicht? –
Siehst Vater, du den Erlkönig nicht!
Den Erlenkönig mit Kron’ und Schweif? –
Mein Sohn, es ist ein Nebelstreif. –
„Du liebes Kind, komm geh’ mit mir!
Gar schöne Spiele, spiel ich mit dir,
Manch bunte Blumen sind an dem Strand,
Meine Mutter hat manch gülden Gewand.“
Mein Vater, mein Vater, und hörest du nicht,
Was Erlenkönig mir leise verspricht? –
Sei ruhig, bleibe ruhig, mein Kind,
In dürren Blättern säuselt der Wind. –
„Willst feiner Knabe du mit mir geh’n?
Meine Töchter sollen dich warten schön,
Meine Töchter führen den nächtlichen Reihn
Und wiegen und tanzen und singen dich ein.“
Mein Vater, mein Vater, und siehst du nicht dort
Erlkönigs Töchter am düsteren Ort? –
Mein Sohn, mein Sohn, ich seh’ es genau:
Es scheinen die alten Weiden so grau. –
„Ich liebe dich, mich reizt deine schöne Gestalt,
Und bist du nicht willig, so brauch ich Gewalt!“
Mein Vater, mein Vater, jetzt faßt er mich an,
Erlkönig hat mir ein Leids getan. –
Dem Vater grauset’s, er reitet geschwind,
Er hält in den Armen das ächzende Kind,
Erreicht den Hof mit Mühe und Not,
In seinen Armen das Kind war tot.

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Grand angle #3 – Etretat et Pointe de la Hague

Posted by Ibo sur 8 mars 2011

Pendant longtemps, j’ai vécu sans savoir.

Sans savoir qu’une peur bleue m’habitait.

Panorama sur la plage d'Etretat (Seine Maritime)

Panorama sur la plage d'Etretat (Seine Maritime)

Elle était profondément enfouie.

Là, sous les galets, mais toujours à portée de main. Sans le savoir.

Il y a peu, le mois dernier en fait, mon cou a été pris d’une violente contraction.

Une alerte. Mon corps me parlait et moi, je venais à peine d’apprendre à lui parler, depuis quelques jours.

C’était mes premiers pas, des premiers mots, un peu maladroits, forcément, sortis tous seuls d’une bouche ankylosée par des années de non-dit, d’angoisse refoulée.

Je me suis dit:

– N’aie pas peur.

– Arrête, je ne suis plus un gamin.

– Je sais…

– J’ai trente cinq ans maintenant.

– Je le sais aussi. Mais tu as encore tout à apprendre.

– Arrête, je ne veux pas t’entendre. Tu ne comprends donc rien.

– Pardonne moi. Je ne voulais pas te brusquer.

– Tu sais, j’ai tellement peur.

– Je sais…

– J’ai peur de ne pas savoir comment être heureux.

– Tu sais, tu n’as pas besoin de *savoir*.

– Ah…

– Tu le seras dès l’instant où tu l’auras décidé. Et toi seul.

– Est-ce vraiment si simple ?

– Oui et non. Certains mettent une vie entière pour le réaliser. Toi, tu n’as que trente cinq ans.

– Tu as raison. Mais sais-tu pourquoi je pleure maintenant ?

– C’est parce que tu viens de décider d’être heureux. Pour une fois. Peut-être une fois pour toutes. Tu pleures, mais c’est ainsi que tu seras Homme, mon fils.

Autoportrait panoramique à la pointe de la Hague - Nez de Jobourg (Manche)

Autoportrait panoramique à la pointe de la Hague - Nez de Jobourg (Manche)

Take care

Ibo

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Grand angle #2 – Baie de Somme

Posted by Ibo sur 2 septembre 2010

Il y a une heure dans la journée qu’il est vain de définir précisément.

Toute sa beauté réside d’ailleurs dans cette dimension insondable.

Entre chien et loup, me souffle DM dans le creux de l’oreille.

Panorama sur la Baie de Somme - Le Crotoy

Panorama à main levée sur la Baie de Somme - Le Crotoy

Note: cliquer dessus pour voir en grand.

A cette heure là, les choses de la vie – comme tout ce qui est plus léger que l’air – se posent.

Comme pour mieux accueillir la nuit.

Mais c’est en fait – je le sais maintenant – l’heure propice pour sonder l’âme humaine.

Lisez donc ça (ou comment on peut être jeune et montrer aussi peu d’humanité: « Les Roms n’incarnent pas ce genre d’immigration [choisie, NDLR]. Ils ne sont pas ce dont la France a besoin. »)

Et puis ça aussi (ou comment un autre jeune – au milieu d’assertions hallucinantes – a un éclair de lucidité: « Tout dépend surtout si le père est à la maison. ») [merci au bon ami qui me l’a fait lire hier].

Quel écart, tant sociologique que philosophique, n’est-ce pas ?

Allez, à l’heure de la rentrée scolaire pour Lili, je vous propose cette dissertation: « Dépend-il de nous de savoir vivre ensemble ? » (inspiré du bac philo 2010…)

Pendant que vous remuez vos méninges, je continue d’écouter Staff Benda Bilili : c’est d’autant plus lumineux que leur histoire est totalement improbable – et donc humaine.

Et au milieu du nauséabond déversé par les actualités quotidiennes, je vous garantis que leur musique chaloupée est un rai de lumière qui réchauffe vraiment, et pour de bon.

Juste avant que la nuit tombe.

Et que les cauchemars ne viennent.

Take care.

Ibo

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Grand angle #1 – Rustrel

Posted by Ibo sur 25 août 2010

[Introduction : Aujourd’hui, publication de la première note d’une série intitulée « Grand angle » qui montrera chaque semaine mes plus beaux clichés panoramiques depuis un peu plus d’un an]

En ces temps de grand-n’importe-quoi (et pourtant, Dieu sait que je ne porte pas Benoît XVI en odeur de sainteté, mais , le père Minc, il pète les plombs…)…

En ces temps où ma vie professionnelle prend une dimension bien trop complexe…

En ces temps où l’urgence des choses devrait (pourtant) me recentrer sur le noyau familial…

Une envie pressante de dire les choses – hic et nunc – reprend inéluctablement le dessus.

Comme un besoin primal de crier.

Crier d’abord la beauté des choses.

Car cette dernière manque terriblement à nos vies.

Ah… les choses sont tellement moches autour de soi, dans les journaux, là bas dans ces pays lointains touchés par toute sorte de cataclysmes.

Tellement que me prend l’envie d’étaler, en très grand format, en très grand angle, tout ce que je pourrais trouver de plus beau.

Comme un antibiotique radical pour toutes celles et tous ceux qui seraient devenus résistants au virus du sublime.

Ouvrir grand les yeux et se persuader que le monde recèle encore de nombreux coins de paradis.

Suivez moi, je vous invite à ce voyage.

Tout ceci est devenu urgent car qui sait combien de temps il nous reste à profiter de nos proches, de nos enfants et de la beauté du monde.

Et de leur dire qu’on les aime – Lili ajouterait « qu’on les aime, tous, grand comme la montagne ».

Aujourd’hui: le Luberon et les Monts de Vaucluse pour entamer cette série. Forcément.

Près de Rustrel, dans le Luberon (Vaucluse)

Panorama à 180° près de Rustrel, dans le Luberon (Vaucluse)

Note: cliquer dessus pour voir en grand.

Take care.

Ibo

Guest speaker: Baudelaire

L’invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
– Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

L’invitation au voyage

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Et de deux

Posted by Ibo sur 9 mai 2010

Et de deux…

Vous le savez (presque) tous déjà, nous sommes quatre désormais: DM, moi, Lili et Loulou (*) maintenant.

DM et moi, entre mon boulot qui a repris (et bientôt les longs-courriers également) et les folles journées à courir dans tous les sens avec deux p’tits dans les bras, n’avons pas encore pu prendre le temps de répondre individuellement à tous les messages amicaux reçus suite à cette naissance de printemps.

Voici ici un premier remerciement collectif…

Et Loulou de m’offrir ce beau cadeau d’anniversaire, hier, avec un petit jour d’avance : il fait ses nUUits !

Sieste à la demande

Du moins, deux nuits de suite (de 20h à 6h du matin, c’est pas mal, non ?).

7 semaines que je me lève pour changer le p’tit Loulou, et l’amener auprès de DM.

En fait, il est pile à l’heure, comme sa soeur qui a fait ses nuits également à 7 semaines.

Autant vous dire que nous allons fêter ça aujourd’hui !

Et Lili de courir dans tous les sens, heureuse d’avoir un petit frère « tout mignon » (dixit Lili).

Lili "on the move"

Et à moi d’offrir ce cadeau pour celles et ceux qui ont déjà eu une pensée amicale ce matin, sur Facebook notamment.

Un clin d’oeil de biche, bienveillante et amicale, à JMP, SiLuis, Jlhuss, Brigetoun, Bourrique et Dominique Dario qui m’ont salué ce matin.

Une biche, dans la forêt de Roumare (près de Rouen)

Take care, folks.

Ibo

(*) Nom d’emprunt bien évidemment.

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