Ibo – Ici et maintenant

Parce que c’est maintenant qu’il faut le dire.

Archive for the ‘La France’ Category

Grand angle #1 – Rustrel

Posted by Ibo sur 25 août 2010

[Introduction : Aujourd’hui, publication de la première note d’une série intitulée « Grand angle » qui montrera chaque semaine mes plus beaux clichés panoramiques depuis un peu plus d’un an]

En ces temps de grand-n’importe-quoi (et pourtant, Dieu sait que je ne porte pas Benoît XVI en odeur de sainteté, mais , le père Minc, il pète les plombs…)…

En ces temps où ma vie professionnelle prend une dimension bien trop complexe…

En ces temps où l’urgence des choses devrait (pourtant) me recentrer sur le noyau familial…

Une envie pressante de dire les choses – hic et nunc – reprend inéluctablement le dessus.

Comme un besoin primal de crier.

Crier d’abord la beauté des choses.

Car cette dernière manque terriblement à nos vies.

Ah… les choses sont tellement moches autour de soi, dans les journaux, là bas dans ces pays lointains touchés par toute sorte de cataclysmes.

Tellement que me prend l’envie d’étaler, en très grand format, en très grand angle, tout ce que je pourrais trouver de plus beau.

Comme un antibiotique radical pour toutes celles et tous ceux qui seraient devenus résistants au virus du sublime.

Ouvrir grand les yeux et se persuader que le monde recèle encore de nombreux coins de paradis.

Suivez moi, je vous invite à ce voyage.

Tout ceci est devenu urgent car qui sait combien de temps il nous reste à profiter de nos proches, de nos enfants et de la beauté du monde.

Et de leur dire qu’on les aime – Lili ajouterait « qu’on les aime, tous, grand comme la montagne ».

Aujourd’hui: le Luberon et les Monts de Vaucluse pour entamer cette série. Forcément.

Près de Rustrel, dans le Luberon (Vaucluse)

Panorama à 180° près de Rustrel, dans le Luberon (Vaucluse)

Note: cliquer dessus pour voir en grand.

Take care.

Ibo

Guest speaker: Baudelaire

L’invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
– Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

L’invitation au voyage

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Luberon en deuil [suite et fin] – La mort de Claude Morenas

Posted by Ibo sur 4 juillet 2009

[Note introductive: Je devais publier cette note plus tôt cette semaine, mais les contrôles sur Internet en Chine – où j’étais en déplacement professionnel – empêchaient les accès aux blogs quels qu’ils soient. D’où ce décalage de plusieurs jours, alors que cette note avait été écrite dès lundi 29 juin, dans l’avion entre Paris et Shanghai.]

Jeudi 25 juin, l’espace d’un instant, les lumineux sentiers du Luberon se sont éteints.

Ainsi va la vie.

Et la grande dame qu’était Claude Morenas s’en est allée.

Hommage au travail de Claude et François Morenas (près des Tourettes)

Hommage au travail de Claude et François Morenas (près des Tourettes)

Et avec elle, une page de l’Histoire du Luberon et de ses trésors (encore) cachés se tourne.

Poussée par le vent, ce mistral qui souffle si fort sur le promontoire des Hautes Plaines tel un «aigle en plein ciel».

L’âme de Claude vole désormais, légère comme une plume.

Champ de blé sur les hauteurs, près des Tourettes (Luberon)

Champ de blé sur les hauteurs, près des Tourettes (Luberon)

Bienveillants, François et Claude veillent tous deux désormais sur nous, à chacun de nos pas.

Et chaque fois que nous franchirons le seuil de la gare d’Avignon TGV et que nous nous dirigerons le cœur déjà ému vers ces monts qui prennent une indescriptible teinte bleutée juste avant le crépuscule.

Vue sur Bonnieux de la Route des Cèdres (Luberon)

Vue sur Bonnieux de la Route des Cèdres (Luberon)

Ce pays chargé d’histoire et d’humanité que Claude et François nous ont révélé.
Claude et François à qui nous devons tout – et croyez moi, je pèse mes mots.

Nous avons rencontré leur poésie au lendemain de notre première année de mariage, grâce à des amis – David et Evelyne – que je remercie encore vivement ici.

Depuis lors [1999], ils ne nous ont jamais quittés lorsque nous les suivons une fois l’an sur ces chemins de randonnée qui sillonnent de part en part les monts de Vaucluse et le parc naturel du Luberon.

En route pour l'Abri Sous Roche, près de Saumane (Luberon)

En route pour l'Abri Sous Roche, près de Saumane (Luberon)

Chaque année, DM et moi ressentons le besoin d’aller nous ressourcer là bas.

Comme si c’était la beauté du monde qu’on y apprenait petit à petit.

Randonnée après randonnée.

A la sueur de nos pas, on s’émerveille à chaque sortie de ce qui n’est écrit dans aucun topo-guide.

Chardons au bord du chemin (Luberon)

Chardons au bord du chemin (Luberon)

Apprendre à marcher.

Apprendre à se tenir debout.

Apprendre à ouvrir ses yeux.

Apprendre à voir l’invisible.

Apprendre à ouvrir son cœur.

Apprendre à marcher main dans la main.

Apprendre à partager.

Apprendre l’instant et le merveilleux de l’Ici et du Maintenant.

Apprendre à donner.

Et enfin, apprendre à recevoir.

Gué à Ismane, près de Rustrel (Luberon)

Gué à Ismane, près de Rustrel (Luberon)

A chaque fois que nous les avions rencontrés, Claude et François, nous étions impressionnés.

Ils étaient de grandes personnes à qui – aujourd’hui plus que jamais – nous portons un grand respect.

Trop timides à chaque fois pour leur dire tout le bonheur qu’ils nous ont donné.

Oh, on leur a dit, croyez moi.

Mais ce n’était qu’une partie visible et dicible.

Ophrys (Luberon)

Ophrys / Orchidée sauvage méditerranéenne (Luberon)

Comment leur faire ressentir le frisson et l’émotion que nous avons parfois au beau milieu d’une grande prairie sauvage, sur les plateaux des Claparèdes ?

Ils sont tellement nombreux ces sites où on s’est posés depuis plus de 10 ans, profondément heureux.

Bercés par les mots si délicats de Claude et révélés par les sentiers ouverts par François.

Comment leur faire savoir qu’ils nous ont légués plus que de simples guides de randonnés, eux les pionniers il y a plus de 50 ans du balisage des sentiers dans le Luberon ?

Que leur héritage est d’avoir transmis à au moins trois générations d’inconnus, de quidams cette inestimable richesse que de voir avec le cœur, les mains, les oreilles, le nez, la peau, avant même que d’entrouvrir ses paupières et de cligner des yeux.

Fleurs sauvages (Luberon)

Fleurs sauvages (Luberon)

En route pour Shanghaï, je n’ai pas pu envoyer de fleurs pour la cérémonie qui a eu lieu en l’hommage de Claude Morenas en l’église de Saignon lundi 29 juin 2009.

Que sa fille Frédérique m’en excuse.

Pour autant, j’ai pris avec moi quelques fleurs sauvages du Luberon.

Et puis, beaucoup plus rares, quelques ophrys.

C’est avec beaucoup de délicatesse que DM et moi les déposons sur la tombe de Claude.

Ophrys (Luberon)

Ophrys / Orchidée sauvage méditerranéenne (Luberon)

Et main dans la main, nous fermons les yeux et pleurons.

Nos larmes chaudes s’épanchent en souvenir de notre dernière rencontre avec Claude, à Apt alors qu’elle avait déjà quitté Regain.

Qu’elle et François soient en paix et qu’ils puissent à nouveau se tenir la main dans la main.

Leur bienveillance au dessus des combes et autres gorges qui sillonnent l’arrière pays.

Les Gorges d'Oppédette (Alpes de Haute Provence)

Les Gorges d'Oppédette (Alpes de Haute Provence)

Take care.

Ibo, le cœur attristé.

Pour mémoire: Une note écrite à la mort de François Morenas en octobre 2006.

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Pique-nique à l’ancienne

Posted by Ibo sur 24 juin 2009

Partout, sur toutes les ondes, on entend débattre de tout et de rien.

Débattre de choses aussi inutiles que le remaniement ministériel en France ou des combats pour la liberté (en Iran par exemple – totalement oublié par Sarkozy Ier – aka Nicolas le Petit – à Versailles).

Dans ce grand écart spectral des thèmes potentiels à débattre, je vous en propose un tout à fait futile, mais fondamentalement hédoniste.

Le choix du lieu de pique-nique.

Prairie, près d'Oppédette (Alpes de Haute Provence)

Prairie, près d'Oppédette (Alpes de Haute Provence)

Vous vous rappelez ?

Cette époque où tout petit vous vous engueuliez avec votre grand frère ou votre grande soeur pour savoir qui doit s’asseoir au milieu de la banquette arrière de la CX.

Cette époque où on roulez toutes vitres baissées avec la main dehors – au risque de se la faire couper par une 2 CV qui passerait au ras sur la voie en face de la N7 ou de la N113 [la clim’ a tout simplement gommé de notre mémoire tactile la poésie de la caresse du vent dans les paupières].

Cette époque (bénie) où on sautait de joie à la perspective d’un poulet-chips dans un champ (forcément immense quand on ne mesure que 1m20) de coquelicots.

Coquelicots, près de Rustrel (Monts de Vaucluse)

Coquelicots, près de Rustrel (Monts de Vaucluse)

Et bien voilà, après une longue réflexion personnelle, ce sujet là – le choix du lieu de pique-nique – ne pourra *jamais* faire l’objet d’un applet pour iPhone ou d’un jeu pour Wii. Tant mieux d’ailleurs.

Et de vous dire que le Luberon et ses environs [voir nos derniers spots pique-nique sur les photos ci-dessus] nous rappellent régulièrement en ce début d’été cet instant magique de la journée où, nappe [à carreaux] par terre, on commence à sortir avec tendresse un sympathique déjeuner improvisé dans l’herbe, entre ombre et lumière. A partager à deux auparavant, à trois désormais avec Lili [qui adore – forcément].

Et vous, il est où votre coin préféré pour pique-niquer ?

Take care.

Ibo

ps: Une bizzz particulière à notre amie Brig’ qu’on n’a pu saluer cette fois en Avignon, du fait d’un ‘agenda’ trop serré cette année (arrivée tardive, etc.).

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« Vindica te tibi »

Posted by Ibo sur 16 juin 2009

Cette semaine, j’ai entraperçu par la lorgnette d’un blog ami une citation de Sénèque dont la traduction m’a frappé l’esprit.

Les choses n’arrivant que rarement par hasard, il est certain que « quelqu’un » a voulu me mettre ce commentaire d’Arion sous mes yeux.

La (remarquable) abbaye cistercienne de Jumièges (Seine-Maritime)

La (remarquable) abbaye cistercienne de Jumièges (Seine-Maritime)

Une instance divinatoire, pourrait-on même avancer dans le contexte actuel de montée en puissance de la religiosité sous toutes ses formes.

Que dit Sénèque à son disciple Lucilius ?

« Revendique tes droits sur toi même »

Et deviens maître de ton temps.

De ta vie tout simplement.

Un pissenlit normand

Un pissenlit normand

S’arrêter de temps à autre sur le bord du chemin.

Se pencher pour cueillir une fleur.

Et surtout, l’offrir.

Car avoir ne sert à rien tant que l’on ne sait pas donner.

La vie est alors tellement plus belle et généreuse.

Lili à Pourville-sur-Mer (Seine-Maritime)

Lili à Pourville-sur-Mer (Seine-Maritime)

Paradoxalement, ce sont alors ceux qui savent s’arrêter, qui profitent ainsi le mieux du temps qui passe.

Et non ceux qui comme moi dépensent le plus clair de leur temps à courir après on-ne-sait-quoi.

Eux-mêmes sûrement

Take care.

Ibo

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Lille 3000 – Europe XXL

Posted by Ibo sur 24 mars 2009

[Guide de lecture poétique: Lire la note. Cliquer sur les photos une à une. Puis relire la note. Le lien des unes à l’autre se fera tout seul.]
[Légende des photos: Samedi 14 mars 2009 – Parade d’ouverture du beau festival artistique Lille 3000 – Europe XXL. On y est allés pour Lili, qui a adoré. Nous aussi.]

Etre un enfant.

Retrouver une joie profonde.

Sincère et directe.

Dépasser les incohérences.

Les contradictions.

Imaginer l’infini.

L’improbable.

Se faire pousser des ailes.

Et voler à travers le monde.

Et aller à l’encontre des derniers géants.

 Avant leur totale extinction.

Et puis: D.A.N.S.E.R.

Comme un fou.

Ne plus être arrêté par le temps.

Qui passe de toute façon.

Et ne vous prendra pas en stop.

Et se fout royalement de votre gueule, disons le.

Puis attendre.

Au seuil crépusculaire de l’humanité.

Attendre de monter sur les barricades.

Attendre de se transformer en ombres.

Sur fond bleu nuit.

Bleu gris.

Entre chien et loup.

Et attendre encore.

Seul.

Atteint par la vieillesse.

Tranfiguration existentielle de la péremption ultime.

Inéluctable comme une mort d’étoile.

Violente comme une supernova.

Fermant la parenthèse de l’humanité.

 Take care.

 Ibo

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