Ibo – Ici et maintenant

Parce que c’est maintenant qu’il faut le dire.

Archive for the ‘La poésie’ Category

Québec #2 – Couleurs d’automne

Posted by Ibo sur 14 octobre 2011

[Important : Pensez à cliquer sur les images pour profiter des panoramas en grand format]

Haiku d’automne

Une pulsion de mort
Feuille d’automne s’envole
Une pulsion de vie

Fjord de Saguenay, à la recherche de baleines

Fjord de Saguenay, à la recherche de baleines

L’automne trouve son origine – auctumnus – dans la même racine latine que le mot augeo.

Lequel signifie « augmenter » et a donné naissance à auctor en latin, puis « auteur » en français.

L’automne est la saison qui est augmentée, enrichie.

Au delà de la tristesse qu’évoquent parfois les feuilles mortes, la nature se prépare à grandir, à s’enrichir.

C’est une leçon de vie qu’elle donne.

Et non le spectacle triste de la mort imminente, comme je le redoutais.

Festival de couleurs chatoyantes.

Aux couleurs de la diversité culturelle de la belle province.

Souriez… c’est l’été indien.

Fjord de Saguenay, sur le traversier de Tadoussac

Fjord de Saguenay, sur le traversier de Tadoussac

Take care

Ibo

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Québec #1 – Périple ou Quête ?

Posted by Ibo sur 12 octobre 2011

Enfant, je regardais les nuages dans le ciel.
Comme beaucoup d’enfants, je les préférais blanc et corpulents.
Avec ces rondeurs qui leur donnent la douceur du coton.

Enfant, je regardais les nuages dans le ciel.
Et je m’amusais à voir des animaux voler dans le ciel azur.
A voir des rêves – d’enfant, forcément – bourgeonner là haut du fond de ma pupille.

Enfant, je regardais les nuages dans le ciel.
Et j’aimais – je crois – avoir des rêves.
« Avoir » sans oser un jour me dire que je pourrais les vivre.

Enfant, je m’allongeais sur l’herbe grasse et verte.
Le soleil du Midi cognait très fort.
Je transpirais et je rêvais d’être oiseau.

Enfant, je rêvais de liberté.
Je rêvais de pouvoir choisir ma vie.
Je rêvais surtout de fuir. De m’enfuir.

Vue aérienne de Montréal parsemé de touches de couleurs automnales

Vue aérienne de Montréal parsemé de touches de couleurs automnales

Adulte, j’ai peu à peu oublié ces rêves.
J’ai dû croire que je n’avais plus le droit d’y aspirer.
J’ai dû croire que grandir revenait à y renoncer.

Aujourd’hui, je m’envole dans les airs.
Au dessus de ces nuages que j’ai tant regardés enfant.
Entre France et Québec.

Ce billet est le premier de la série portant sur ce périple.
Alors que je viens d’entamer une quête.
Une quête sur une déchirure intérieure.

Que trouverais-je au bout ?

Take care

Ibo

ps : Durant une dizaine de jours, le temps de ce voyage, je publierai un billet tous les jours ou tous les deux jours maximum. Je vous invite donc à revenir pour découvrir avec moi (entre autres) la beauté de l’été indien au Québec.

En route entre Québec et Tadoussac

En route entre Québec et Tadoussac

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Grand angle #4 – « Es war einmal die Mauer » (*)

Posted by Ibo sur 31 août 2011

(*) Il était une fois, le mur.
[Ndlr: Cliquez sur chaque photo pour les voir en meilleure résolution, en particulier les panoramas]

Il était une fois un mur.
Le mur.
Celui-là même que je me suis construit, encore enfant.
Souvent, ces murs là tombent, s’effondrent avec l’âge
Avec le temps, avec la sagesse.
Souvent, ils s’effritent, s’écroulent.
Avec un peu de force et de courage.
De chance aussi.
Lorsqu’on les brusque un peu, ils chancèlent.
Lorsqu’on leur murmure avec douceur, ils fondent.
Souvent en pleurs.

Reste du Mur de Berlin, au niveau de la Bernauer Strasse

Reste du Mur de Berlin, au niveau de la Bernauer Strasse

Cinquante ans et un jour auparavant, nous étions le 13 août 1961.
Le Mur fut construit à Berlin.
Die Mauer.
Et mur, il vécut ce que vivent les murs, l’espace d’une vie.
Et disparut.
Après bien des tourments.
Des déchirures.

"East Side Gallery" - Reste du Mur de Berlin, à Friedrichshain, restauré en 2009

"East Side Gallery" - Reste du Mur de Berlin, à Friedrichshain, restauré en 2009

Cinquante ans et un jour après le 13 août 1961, nous marchions sur la Bernauer Straβe.
Nouveau lieu de mémoire dédié au Mur de Berlin [inauguration le 13 août 2011 du Gedenkstätte und Dokumentationszentrum Berliner Mauer]
A la mémoire des drames qui s’y sont noués
Laissant encore ouvertes ces blessures à l’âme qui peinent à guérir.

Mémorial du Mur de Berlin, Bernauer Strasse

Mémorial du Mur de Berlin, Bernauer Strasse

DM et moi étions à la recherche de traces.
Car Berlin a beaucoup effacé.
Berlin a peut-être voulu oublier.
Pour remplacer sa mémoire douloureuse.
Pour – vite – construire autre chose à la place du Mur.
Un pont peut-être ?
Une passerelle vers l’avenir, vers une rive plus douce de la Spree ?

Panorama de la Spree sur la gare principale de Berlin ("Berlin Hauptbahnhof"), inaugurée en 2006 après 11 ans de travaux

Panorama de la Spree sur la gare principale de Berlin ("Berlin Hauptbahnhof"), inaugurée en 2006 après 11 ans de travaux

DM et moi marchions sur la Bernauer Straβe, à la recherche de traces du Mur.
Nous scrutions.
Nous lisions.
Nous regardions.
Nous écoutions.
Peu à peu, ce mur, le Mur, nous apparaissait.
Devant nos yeux mais plus encore dans nos esprits.
Peu à peu, nous arrivions à le ressentir en nous.
Peu à peu, une vague intérieure se levait en moi.
Comme un mur.
J’ai dû interrompre une phrase de DM, m’invitant à continuer notre chemin le long du mémorial.
J’ai dû m’arrêter de marcher.
Mes jambes flageolantes ne me portaient plus.
Il se mit à pleuvoir.
J’ajustais ma casquette.
Je pris ma respiration.
Une fois.
Deux fois.
Et perdis mon souffle.
En lieu et place du Mur de Berlin, c’était mon mur que j’avais trouvé.
Celui là même que je me suis construit, encore enfant.

"East Side Gallery" - Reste du Mur de Berlin, à Friedrichshain, restauré en 2009

"East Side Gallery" - Reste du Mur de Berlin, à Friedrichshain, restauré en 2009

Ce mur, mon mur, je l’avais presque oublié.
Je croyais m’en être débarrassé il y a quelque temps.
Mais, comme on ne peut oublier d’où on vient, on ne peut oublier éternellement ses murs intérieurs.
Tôt ou tard, ils vous barrent la route.
Vous empêchent d’aller de l’avant.
De passer à autre chose.
De devenir adulte.
De choisir d’être heureux.
Pour de vrai.

"Wie geht es Euch ? GruB von Vati + Mutti + Omi" - Message adressé par dessus le Mur en 1961 par les proches ("Comment allez vous ? Bonjour de Papa + Maman + Mamie") - Mémorial du Mur de Berlin, Bernauer Strasse

"Wie geht es Euch ? GruB von Vati + Mutti + Omi" - Message adressé par dessus le Mur en 1961 par les proches ("Comment allez vous ? Bises de Papa + Maman + Mami") - Mémorial du Mur de Berlin, Bernauer Strasse

Mais mon mur à moi, lui, était – encore – là.
Le 14 août 2011, en le re-voyant, j’ai pleuré.
Comme je n’ai jamais pleuré auparavant.
Les larmes se mélangeant à la pluie torrentielle.
Ou l’inverse, je ne sais plus.
Lavant ma mémoire ou la ravivant, je ne sais plus non plus…

Take care, gib auf dich acht,

Ibo

Epilogue: Der Erlkönig, poème [sombre et] magnifique de Goethe (traduction ici)

Wer reitet so spät durch Nacht und Wind?
Es ist der Vater mit seinem Kind.
Er hat den Knaben wohl in dem Arm,
Er faßt ihn sicher, er hält ihn warm.
Mein Sohn, was birgst du so bang dein Gesicht? –
Siehst Vater, du den Erlkönig nicht!
Den Erlenkönig mit Kron’ und Schweif? –
Mein Sohn, es ist ein Nebelstreif. –
„Du liebes Kind, komm geh’ mit mir!
Gar schöne Spiele, spiel ich mit dir,
Manch bunte Blumen sind an dem Strand,
Meine Mutter hat manch gülden Gewand.“
Mein Vater, mein Vater, und hörest du nicht,
Was Erlenkönig mir leise verspricht? –
Sei ruhig, bleibe ruhig, mein Kind,
In dürren Blättern säuselt der Wind. –
„Willst feiner Knabe du mit mir geh’n?
Meine Töchter sollen dich warten schön,
Meine Töchter führen den nächtlichen Reihn
Und wiegen und tanzen und singen dich ein.“
Mein Vater, mein Vater, und siehst du nicht dort
Erlkönigs Töchter am düsteren Ort? –
Mein Sohn, mein Sohn, ich seh’ es genau:
Es scheinen die alten Weiden so grau. –
„Ich liebe dich, mich reizt deine schöne Gestalt,
Und bist du nicht willig, so brauch ich Gewalt!“
Mein Vater, mein Vater, jetzt faßt er mich an,
Erlkönig hat mir ein Leids getan. –
Dem Vater grauset’s, er reitet geschwind,
Er hält in den Armen das ächzende Kind,
Erreicht den Hof mit Mühe und Not,
In seinen Armen das Kind war tot.

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Grand angle #1 – Rustrel

Posted by Ibo sur 25 août 2010

[Introduction : Aujourd’hui, publication de la première note d’une série intitulée « Grand angle » qui montrera chaque semaine mes plus beaux clichés panoramiques depuis un peu plus d’un an]

En ces temps de grand-n’importe-quoi (et pourtant, Dieu sait que je ne porte pas Benoît XVI en odeur de sainteté, mais , le père Minc, il pète les plombs…)…

En ces temps où ma vie professionnelle prend une dimension bien trop complexe…

En ces temps où l’urgence des choses devrait (pourtant) me recentrer sur le noyau familial…

Une envie pressante de dire les choses – hic et nunc – reprend inéluctablement le dessus.

Comme un besoin primal de crier.

Crier d’abord la beauté des choses.

Car cette dernière manque terriblement à nos vies.

Ah… les choses sont tellement moches autour de soi, dans les journaux, là bas dans ces pays lointains touchés par toute sorte de cataclysmes.

Tellement que me prend l’envie d’étaler, en très grand format, en très grand angle, tout ce que je pourrais trouver de plus beau.

Comme un antibiotique radical pour toutes celles et tous ceux qui seraient devenus résistants au virus du sublime.

Ouvrir grand les yeux et se persuader que le monde recèle encore de nombreux coins de paradis.

Suivez moi, je vous invite à ce voyage.

Tout ceci est devenu urgent car qui sait combien de temps il nous reste à profiter de nos proches, de nos enfants et de la beauté du monde.

Et de leur dire qu’on les aime – Lili ajouterait « qu’on les aime, tous, grand comme la montagne ».

Aujourd’hui: le Luberon et les Monts de Vaucluse pour entamer cette série. Forcément.

Près de Rustrel, dans le Luberon (Vaucluse)

Panorama à 180° près de Rustrel, dans le Luberon (Vaucluse)

Note: cliquer dessus pour voir en grand.

Take care.

Ibo

Guest speaker: Baudelaire

L’invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
– Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

L’invitation au voyage

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De la lumière des mots

Posted by Ibo sur 12 février 2010

Les mots me manquent.

La pulsion de vie me manque.

Place aux Herbes, Uzès (2009)

Place aux Herbes, Uzès (2009)

Dans un même mouvement, j’ai trouvé que les détails que je photographiais, ces petites choses ou ces petits riens, représentaient beaucoup.

Ou comment puiser l’infini dans le plus petit que soi.

.

J’ai remarqué depuis quelques mois que j’ai toujours autant peur de la mort.

J’ai aussi remarqué que les mots pouvaient m’apporter cette lumière, douce mais parfois aussi aveuglante.

.

La nuit, je cherche la veilleuse des mots bien écrits, des phrases chaloupées.

Peut-être que la lumière méditerranéenne dans L’Eté de Camus réchauffe mes mains également, sans même que je m’en aperçoive.

Peut-être que ces mots apportent de la chaleur bien au delà des mains.

.

Notre petite Lili va avoir un petit frère dans quelques semaines.

La nuit, elle a peur du noir.

.

Mais elle s’émerveille des guirlandes lumineuses.

Cette lumière là, c’est son bonheur à elle.

.

Take care & Happy Valentine Day for all lovers

Ibo

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Luberon en deuil [suite et fin] – La mort de Claude Morenas

Posted by Ibo sur 4 juillet 2009

[Note introductive: Je devais publier cette note plus tôt cette semaine, mais les contrôles sur Internet en Chine – où j’étais en déplacement professionnel – empêchaient les accès aux blogs quels qu’ils soient. D’où ce décalage de plusieurs jours, alors que cette note avait été écrite dès lundi 29 juin, dans l’avion entre Paris et Shanghai.]

Jeudi 25 juin, l’espace d’un instant, les lumineux sentiers du Luberon se sont éteints.

Ainsi va la vie.

Et la grande dame qu’était Claude Morenas s’en est allée.

Hommage au travail de Claude et François Morenas (près des Tourettes)

Hommage au travail de Claude et François Morenas (près des Tourettes)

Et avec elle, une page de l’Histoire du Luberon et de ses trésors (encore) cachés se tourne.

Poussée par le vent, ce mistral qui souffle si fort sur le promontoire des Hautes Plaines tel un «aigle en plein ciel».

L’âme de Claude vole désormais, légère comme une plume.

Champ de blé sur les hauteurs, près des Tourettes (Luberon)

Champ de blé sur les hauteurs, près des Tourettes (Luberon)

Bienveillants, François et Claude veillent tous deux désormais sur nous, à chacun de nos pas.

Et chaque fois que nous franchirons le seuil de la gare d’Avignon TGV et que nous nous dirigerons le cœur déjà ému vers ces monts qui prennent une indescriptible teinte bleutée juste avant le crépuscule.

Vue sur Bonnieux de la Route des Cèdres (Luberon)

Vue sur Bonnieux de la Route des Cèdres (Luberon)

Ce pays chargé d’histoire et d’humanité que Claude et François nous ont révélé.
Claude et François à qui nous devons tout – et croyez moi, je pèse mes mots.

Nous avons rencontré leur poésie au lendemain de notre première année de mariage, grâce à des amis – David et Evelyne – que je remercie encore vivement ici.

Depuis lors [1999], ils ne nous ont jamais quittés lorsque nous les suivons une fois l’an sur ces chemins de randonnée qui sillonnent de part en part les monts de Vaucluse et le parc naturel du Luberon.

En route pour l'Abri Sous Roche, près de Saumane (Luberon)

En route pour l'Abri Sous Roche, près de Saumane (Luberon)

Chaque année, DM et moi ressentons le besoin d’aller nous ressourcer là bas.

Comme si c’était la beauté du monde qu’on y apprenait petit à petit.

Randonnée après randonnée.

A la sueur de nos pas, on s’émerveille à chaque sortie de ce qui n’est écrit dans aucun topo-guide.

Chardons au bord du chemin (Luberon)

Chardons au bord du chemin (Luberon)

Apprendre à marcher.

Apprendre à se tenir debout.

Apprendre à ouvrir ses yeux.

Apprendre à voir l’invisible.

Apprendre à ouvrir son cœur.

Apprendre à marcher main dans la main.

Apprendre à partager.

Apprendre l’instant et le merveilleux de l’Ici et du Maintenant.

Apprendre à donner.

Et enfin, apprendre à recevoir.

Gué à Ismane, près de Rustrel (Luberon)

Gué à Ismane, près de Rustrel (Luberon)

A chaque fois que nous les avions rencontrés, Claude et François, nous étions impressionnés.

Ils étaient de grandes personnes à qui – aujourd’hui plus que jamais – nous portons un grand respect.

Trop timides à chaque fois pour leur dire tout le bonheur qu’ils nous ont donné.

Oh, on leur a dit, croyez moi.

Mais ce n’était qu’une partie visible et dicible.

Ophrys (Luberon)

Ophrys / Orchidée sauvage méditerranéenne (Luberon)

Comment leur faire ressentir le frisson et l’émotion que nous avons parfois au beau milieu d’une grande prairie sauvage, sur les plateaux des Claparèdes ?

Ils sont tellement nombreux ces sites où on s’est posés depuis plus de 10 ans, profondément heureux.

Bercés par les mots si délicats de Claude et révélés par les sentiers ouverts par François.

Comment leur faire savoir qu’ils nous ont légués plus que de simples guides de randonnés, eux les pionniers il y a plus de 50 ans du balisage des sentiers dans le Luberon ?

Que leur héritage est d’avoir transmis à au moins trois générations d’inconnus, de quidams cette inestimable richesse que de voir avec le cœur, les mains, les oreilles, le nez, la peau, avant même que d’entrouvrir ses paupières et de cligner des yeux.

Fleurs sauvages (Luberon)

Fleurs sauvages (Luberon)

En route pour Shanghaï, je n’ai pas pu envoyer de fleurs pour la cérémonie qui a eu lieu en l’hommage de Claude Morenas en l’église de Saignon lundi 29 juin 2009.

Que sa fille Frédérique m’en excuse.

Pour autant, j’ai pris avec moi quelques fleurs sauvages du Luberon.

Et puis, beaucoup plus rares, quelques ophrys.

C’est avec beaucoup de délicatesse que DM et moi les déposons sur la tombe de Claude.

Ophrys (Luberon)

Ophrys / Orchidée sauvage méditerranéenne (Luberon)

Et main dans la main, nous fermons les yeux et pleurons.

Nos larmes chaudes s’épanchent en souvenir de notre dernière rencontre avec Claude, à Apt alors qu’elle avait déjà quitté Regain.

Qu’elle et François soient en paix et qu’ils puissent à nouveau se tenir la main dans la main.

Leur bienveillance au dessus des combes et autres gorges qui sillonnent l’arrière pays.

Les Gorges d'Oppédette (Alpes de Haute Provence)

Les Gorges d'Oppédette (Alpes de Haute Provence)

Take care.

Ibo, le cœur attristé.

Pour mémoire: Une note écrite à la mort de François Morenas en octobre 2006.

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Lille 3000 – Europe XXL

Posted by Ibo sur 24 mars 2009

[Guide de lecture poétique: Lire la note. Cliquer sur les photos une à une. Puis relire la note. Le lien des unes à l’autre se fera tout seul.]
[Légende des photos: Samedi 14 mars 2009 – Parade d’ouverture du beau festival artistique Lille 3000 – Europe XXL. On y est allés pour Lili, qui a adoré. Nous aussi.]

Etre un enfant.

Retrouver une joie profonde.

Sincère et directe.

Dépasser les incohérences.

Les contradictions.

Imaginer l’infini.

L’improbable.

Se faire pousser des ailes.

Et voler à travers le monde.

Et aller à l’encontre des derniers géants.

 Avant leur totale extinction.

Et puis: D.A.N.S.E.R.

Comme un fou.

Ne plus être arrêté par le temps.

Qui passe de toute façon.

Et ne vous prendra pas en stop.

Et se fout royalement de votre gueule, disons le.

Puis attendre.

Au seuil crépusculaire de l’humanité.

Attendre de monter sur les barricades.

Attendre de se transformer en ombres.

Sur fond bleu nuit.

Bleu gris.

Entre chien et loup.

Et attendre encore.

Seul.

Atteint par la vieillesse.

Tranfiguration existentielle de la péremption ultime.

Inéluctable comme une mort d’étoile.

Violente comme une supernova.

Fermant la parenthèse de l’humanité.

 Take care.

 Ibo

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